Il y a des choses qui ne changent pas, même quand les tensions politiques s’en mêlent : l’acharnement de certaines préfectures françaises contre les personnes d’origine algérienne nées en France. Oui, on parle bien de ceux qui ont vu le jour à Lille, Toulouse, Bobigny ou Marseille, qui ont grandi dans les écoles de la Republique mais à qui on demande encore de prouver qu’ils sont Français. Comme si leur acte de naissance ne suffisait pas. Comme si leur francité devait sans cesse être méritée, validée, tamponnée, sous conditions.
Ces derniers mois, alors que les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie se tendent une fois de plus – avec leur lot de petites piques, de rappels d’ambassadeurs, de passes d’armes médiatiques – certaines administrations semblent en profiter pour resserrer les vis, discrètement mais fermement. Et qui trinque ? Ce sont les jeunes, les familles, les citoyens lambdas qui, eux, demandent simplement un papier, un renouvellement, une pièce d’identité.
Mais non. “Certificat de nationalité française” exigé. Même si tu es né ici. Même si ta carte précédente ne posait aucun problème. Et tout ça, sans justification valable. On te regarde, on soupire, on te parle comme si tu demandais un passeport pour une autre planète. Et tout ça, pourquoi ? Parce que ton nom a des sonorités d’ailleurs ? Parce que tes origines sont algériennes, et que ça suffit à éveiller une suspicion bien installée dans certaines habitudes bureaucratiques ?
Cette mentalité, disons-le franchement, sent encore les relents d’un passé colonial jamais vraiment digéré. Une façon douce – mais bien réelle – de faire sentir à certains qu’ils ne sont pas “tout à fait” chez eux. Et dans ce climat déjà tendu entre les deux pays, ce genre de traitement n’est pas seulement injuste, il est inflammable. Car il touche à l’essentiel : l’identité, l’égalité, le respect.
On nous parle souvent de cohésion nationale, de vivre-ensemble, d’égalité républicaine. Mais dans les faits, ces valeurs prennent parfois un sacré coup quand on voit comment certains citoyens sont traités juste parce qu’ils s’appellent Karim, Samira ou Youcef. À croire que leur seul tort, c’est de rappeler que l’Histoire ne s’efface pas d’un coup de tampon.
Alors voilà : à celles et ceux qui galèrent dans les méandres absurdes de l’administration, on vous voit, on vous entend. Et à ces préfectures qui jouent aux gardiens de l’identité tricolore : il serait peut-être temps de se rappeler que la nationalité française n’est pas un privilège qu’on accorde au bon vouloir, mais un droit. Et ce droit, nul n’a à le mendier. Encore moins ceux qui sont nés ici.
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