Réponse au tweet de M. Radouan Kourak sur l’Algérie et la colonisation française
“L’histoire n’est pas un tweet. Et surtout pas quand elle concerne la douleur de millions de vies.”
The DZ Legacy Association, organisation indépendante pour la défense du patrimoine historique et culturel algérien, souhaite réagir aux propos algérophobes récents de M. Radouan Kourak, affirmant que la colonisation française aurait été « bénéfique » pour l’Algérie.
Une telle déclaration, simpliste et contraire aux faits établis, dénote une méconnaissance profonde de l’histoire réelle de l’Algérie — ou une volonté délibérée de la travestir.
L’Algérie n’était pas un « désert sans État » en 1830
Avant 1830, l’Algérie existait comme entité politique sous la Régence d’Alger (1518-1830), administrée par les Deys ottomans avec des structures locales solides :
- Trois beyliks (Alger, Constantine, Oran) dotés d’administrations, de tribunaux et d’une fiscalité.
- Des ports actifs commerçant avec Marseille, Gênes et Istanbul.
Source : Archives nationales d’Algérie, “Chroniques de la Régence d’Alger”, vol. 2 (1968).
L’Algérie précoloniale comptait des écoles coraniques (zawiyas), des médersas et un réseau agricole productif dans les Hauts-Plateaux.
Source : Abdelkader DJEGHLOUL, “La société algérienne avant 1830”, ENAG Éditions, Alger, 1990.
Le « développement » colonial servait d’abord la France
Les routes, ports et villes modernes évoqués par M. Kourak étaient construits pour l’extraction et l’exportation des richesses algériennes vers la métropole : blé, vin, minerais, puis pétrole.
En 1950, 90 % des terres cultivables appartenaient à 10 % des colons européens, tandis que la majorité musulmane vivait dans la misère rurale.
Source : Mohamed Chérif SAHLI, “L’Algérie colonisée”, SNED, Alger, 1971.
Même les écoles servaient à “assimiler” et non à instruire : en 1954, seulement 15 % des enfants algériens musulmans étaient scolarisés.
Source : Ministère algérien de l’Éducation nationale, “Rapport sur l’enseignement en Algérie 1830-1962”, Alger, 1972.
Une “économie solide” ? Pour la France, pas pour les Algériens
En 1960, l’analphabétisme atteignait 85 % et la mortalité infantile 120 ‰.
Source : Office National des Statistiques d’Algérie (ONS), “Bilan démographique 1962”.
L’Algérie indépendante a dû reconstruire une économie nationale à partir de rien : les colons partis ont emporté les capitaux, les ingénieurs et les plans industriels.
Source : Ahmed BEN BELLA, discours du 5 juillet 1963 (Archives de la Présidence de la République algérienne).
L’Algérie d’aujourd’hui avance malgré tout
Oui, l’Algérie a ses défis. Mais elle est aussi :
- Le 1er pays africain en réserves de gaz naturel.
- Le 1er PIB du Maghreb et un membre fondateur de l’Union africaine.
- Et surtout, une nation libre, née d’un combat que même les tweets révisionnistes ne peuvent effacer.
Sources : Banque d’Algérie, Rapport économique 2023 ; Union Africaine, Index 2024.
Notre réponse
Monsieur Kourak, quand on parle de 132 ans de colonisation, de massacres, d’expropriations et de spoliation culturelle, on ne parle pas d’un « bénéfice », mais d’un traumatisme.
L’Algérie n’a pas été “civilisée” par la France : elle a été dépouillée puis reconstruite par ses enfants.
Nous vous invitons à venir consulter les archives du Musée national du Moudjahid à Alger : vous y trouverez des faits, pas des mythes.
“Préserver la mémoire, c’est défendre la dignité.”










